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Texte et
prononciation :
Traduction :
Par une nuit au clair de lune
(Liu Fangping)
Au
moment o la lune Žclairait la moitiŽ des maisons,
Lorsque
la Grande Ourse fut ˆ la mme hauteur que le Sagittaire,
Contre
toute attente je ressentis l'air doux du printemps,
Commentaire :
C'est une poŽsie Žcrite par Liu Fangping au cours d'une nuit ŽclairŽe par la lune. Autrefois en Chine, on divisait la nuit en cinq pŽriodes Ç wu geng È, chacune d'elles Žtant Žquivalente ˆ deux heures d'aujourd'hui. Au premier vers Ç geng shen È indique Ç san geng È : Ç la troisime veille È c'est donc aprs minuit.
Au milieu de la nuit, la lune peu ˆ peu s'Žloigne de l'est, sa faible lueur oblique se rŽpand sur le monde : les maisons, les cours intŽrieures, les rues et ruelles, les arbres ; une moitiŽ est imprŽgnŽe du clair de lune, l'autre moitiŽ dort ˆ poings fermŽs.
Sur la vožte cŽleste, la Grande Ourse qui a tournŽ est ˆ l'horizontale, ˆ mme hauteur que le Sagittaire. Ces constellations nous prŽviennent en silence : c'est la nuit profonde.
Un certain temps aprs, on entend un bourdonnement faible mais net, d'un insecte qui interrompt le silence de la nuit. Ce bruit semble chasser l'air frais de minuit, il a traversŽ la moustiquaire de couleur verte, et est parvenu ˆ l'oreille du pote. C'est la premire fois au cours de ce printemps qu'on entend le bourdonnement d'un insecte !
Le temps est doux. En entendant ce gai bourdonnement, on se dit que tous les tres de l'univers doivent reprendre vie. Le pote a peru le souffle du printemps : un courant chaud qui lui va droit au cÏur.